ON EN PARLE

Le ministère recherche activement 200 désobéisseurs

Après l'appel des 200 maîtres contre les évaluations CM2, le Ministère de l'Education nationale a demandé aux inspecteurs de se mettre à la recherche de ces maîtres qui appellent à des formes d'actions qui paralyseraient les évaluations CM2 2010.

 

 

 

Plusieurs Inspecteurs de l'Education nationale ont pris contact avec les signataires de l'appel des 200 maîtres afin de prendre rendez-vous pour connaître les raisons de l'Appel (?) et les actions qui seront entreprises au moment des prochaines évaluations CM2, du 18 au 22 janvier.

 

Est-ce que l'administration aura le même souci de « dialogue » avec la dizaine de sections syndicales qui ont déjà appelées au boycott ?  Est-ce que des sanctions seront prévues contre Gérard Aschiéri de la FSU qui, avec la CGT et Solidaires, appelle à la grève le 21 janvier ce qui pourrait avoir comme conséquence d'invalider totalement les évaluations si la grève est bien suivie ?

 

En effet, l'année dernière, lors de la saisie des résultats, les directeurs ont eu la surprise de voir automatiquement supprimé de la base de données les élèves qui ont été absents une seule journée pendant le temps de la passation. Preuve, s'il en fallait une, que cette évaluation n'est pas un outil pour construire une aide individualisée pour les élèves (contrairement aux évaluations d'avant Darcos) mais une compilation de chiffres dont le but est tout autre. D'ailleurs aucun logiciel n'a été pensé pour permettre aux enseignants des classes de CM2 d'exploiter les résultats (encore une foi, contrairemant aux évaluations d'avant Darcos ). 

 

Le Ministère doit avoir le courage de refondre ces évaluations et de les placer en début d'année scolaire. Il ne serait pas inutile, selon un avis tout personnel, qu'il y ait des évaluations à chaque niveau, chaque rentrée. Elles pourraient être constituées de questions portant sur un noyau de compétences fondamentales (déchiffrage, compréhension de texte simple, base de la numération) et de questions par niveau (de la grande section au cm1) sur les contenus et les compétences travaillés tout le long de la scolarité.

 

On en parle :

 

Votre enfant, en CM2, va devoir passer durant cette semaine une évaluation nationale. Vous en avez sans doute entendu parler dans les médias.

Les enseignants concernés souhaitent attirer votre attention sur les nombreux problèmes que posent, à nos yeux, les évaluations nationales CM2. Nous n’avons pris que très récemment connaissance de leur contenu, d’ailleurs de façon parallèle puisque l’administration de l’Education Nationale a cru bon d’attendre la dernière minute pour le faire.

Cela ressemble, pourrait-on croire, à celle de CE2 que vous avez connu.

Cependant, elle diffère sur bien des points :

- placée au milieu de l’année scolaire, ce n’est pas une évaluation pour aider le maître à organiser son travail de l’année ; ce n’est pas non plus une évaluation qui donnerait le niveau de l’élève en fin d’année… à quoi sert-elle donc ? On se le demande… car,

- le livret de l’enfant est constitué d’exercices couvrant tout le programme de CM2. Ainsi, par exemple on y trouve des calculs de mesure d’aires, des divisions avec décimaux… etc, qui ne sont pas abordés au cours du 1er trimestre mais bien plus tard.

Par conséquent, il sera bien difficile de connaître les compétences acquises par les élèves. Il sera encore plus compliqué de les comparer entre écoles, entre secteurs et nationalement.

En ce qui concerne les résultats, nous aurons bien évidement à vous les communiquer individuellement. Mais ce qui pose problème à l’ensemble des collègues et des directeurs, c’est qu’il est aussi question :

- de transmettre ces résultats nominativement à l’Inspection (possible fichage des élèves en difficultés),

- que les directeurs aient accès aux résultats des autres écoles et que les parents puissent consulter sur Internet les scores des écoles (possible mise en concurrence),

- d’utiliser, pour la dotation ou le retrait de moyens aux écoles, ces résultats selon leur soi-disant « efficacité »,

- que les enseignants de plus de 10 CM2 se voient attribuer une prime de 400 euros. Or, si prime il doit y avoir, elle doit concerner tous les enseignants, qui régulièrement mettent en place des situations d’évaluation.

Je ne manquerai pas de vous tenir informé de la suite donnée au traitement de cette évaluation lors de l’entretien que nous aurons en février. Un planning de rendez-vous sera alors proposé.

Enfin, pour information, certaines écoles ont choisi de faire un conseil d'école extraordinaire pour avoir l'accord des parents car des enseignants ont décidé de ne pas faire passer les exercices qui n'ont pas été abordés en classe, d'autres choisissent de donner les réponses aux enfants... etc. Bon nombre de directeurs ne remonteront pas les résultats à l'Inspection Académique.

Par Directrice Groupe Scolaire Jules Ferry - Publié dans : Infos aux parents

 

 

 

 

Les évaluations CM2 2009 : organiser l’échec massif des élèves.

 

 jeudi 22 janvier 2009, par moka Ces livrets sont présents sur le net depuis une dizaine de jours, et en temps normal, nous nous serions abstenus d’en faire état, pour éviter le biais d’enfants qui auraient pu être entraînés, soit dans les familles, soit dans les classes. Cependant, le contenu des épreuves pose des problèmes bien plus graves que ce risque de bachotage : Textes de lecture comportant tous des pièges importants de compréhension, même pour un bon lecteur. Evaluations en janvier sur des compétences qui relèvent de la fin du programme de CM2, Temps de passation très réduit, et multiplicité excessive des exercices demandés dans chaque séquence, Mode de notation qui attribue le score de zéro à l’enfant qui aura fait une seule erreur sur six de la même manière que s’il avait tout faux. Ces évaluations semblent donc conçues pour mettre en difficulté les meilleurs élèves, et refuser toute chance de réussite aux élèves moyens. Elles enfonceront pour de mauvaises raisons les élèves en difficulté. Il nous sera difficile d’expliquer aux familles les résultats catastrophiques obtenus., cela dans un contexte de dénigrement constant de l’école. Nous n’avons aucune certitude quant à la confidentialité des résultats. Nous ne pouvons que nous inquiéter d’une possible mise en concurrence des écoles sur de telles bases, qui n’auraient que des effets néfastes : les écoles les mieux cotées seront celles qui sélectionneront le mieux leurs élèves, pas celles qui les feront progresser le plus. Il nous a donc semblé important de proposer les éléments d’analyse ci-dessous, pour étayer ces propos et permettre une réflexion de tous. -------------------------------------------------------------------------------- CONTEXTE : Epoque de passation : L’évaluation de début 6ème permettait de mesurer le niveau de élèves au terme de l’élémentaire. A présent, ils sont évalués au milieu de l’année CM2... Avec sommation de les remettre à niveau d’ici juin. Sans doute un bon moyen d’alimenter les fameux stages de vacances... Il va de soi que les élèves en grande difficulté en CM2 ont sans doute été détectés les années antérieures. Ils ont probablement bénéficié d’aménagement, de soutien de toutes sortes... Sans que cela ne solutionne tout, puisqu’ils sont toujours à la traîne en CM2. Mais là, hop ! Deux semaines de stage, et tout sera réglé. Conditions d’application : Grand renfort d’inspecteurs de circonscription (IEN), inspecteurs généraux, qui se rendront le jour de l’évaluation dans des "écoles pilotes" dans chaque circonscription (Source : Site café pédagogique) Etrange tout de même que l’école pilote choisie dans notre circonscription ne présente qu’un seul CM1CM2... dont le maître est assez favorable aux réformes. Cela explique peut-être ce choix... En revanche, il n’y a pas dans cette classe les 15 élèves requis pour toucher la prime de 400€ prévue pour museler les maîtres de niveaux concernés... Dans ce type de classe, peut-être serait-il possible de faire subir l’évaluation à tel élève redoublant qui suit avec les CM1, pour atteindre l’effectif seuil et toucher quand même la prime ? Evidemment, cela risque de faire baisser le niveau de l’école... Aïe, choix difficile ! -------------------------------------------------------------------------------- Evaluations 2009 : une mascarade indigne. dimanche 13 décembre 2009, par moka Lettre de M. Montagner, Professeur des Universités en retraite, ancien Directeur du Laboratoire de Psychophysiologie à la Faculté des Sciences et des Techniques de Besançon, ancien Directeur de Recherche à l’INSERM et ancien Directeur de l’Unité 70 “Enfance Inadaptée” de l’INSERM à MONTPELLIER, à Monsieur Michel-Jean FLOC’H, Inspecteur d’Académie de Vendée, le 15 juin 2009. Le jugement de cet ancien directeur de Recherche à l’INSERM est sans appel sur les évaluations CM2 mises en place l’année dernière. Les biais scientifiques de ces évaluations-bilans de 2009 sont tels que celles-ci peuvent être considérées comme « des faux qui ne veulent “rien dire”, à moins qu’elles ne cachent des arrière-pensées politiques. » En effet : Le choix de l’époque de passation est totalement arbitraire et inapproprié. L’absence de constance et de reproductibilité dans les conditions de passation d’une classe à l’autre : moment de la journée où les tests ont eu lieu, consignes, durée, mutisme du maître ou explications complémentaires, corrections non autorisées des fautes ... ...interdisent toute comparaison des résultats d’une école à l’autre. De plus, les modifications des modalités de tests d’une année à l’autre empêchent toute conclusion sur l’évolution de ces résultats dans le temps. Le soupçon, enfin, de falsifications finales des résultats incomplets supprime le peu de crédibilité qu’il restait à ces tests hautement critiquables (1). En conséquence, M. Montagner demande à M. Floc’h la levée de toutes les sanctions qu’il a infligées aux professeurs des écoles n’ayant pas voulu se prêter à ce jeu indigne... (N.B. : les sous-titres et caractères gras ont été ajoutés par la rédactrice. On peut lire le texte original de cette lettre notamment ici.) 88888888888888888888888888888888888888888888888888888888 Monsieur l’Inspecteur, [...] J’ai une expérience de plus de trente-cinq ans dans le domaine de l’élaboration et de la mise en œuvre de protocoles reproductibles et vérifiables qui permettent d’objectiver, de quantifier et d’évaluer les comportements, les rythmes et les capacités de traitement de l’information des enfants accueillis à la crèche, à l’école maternelle et à l’école élémentaire. [...] Soucieux du développement de l’enfant au fil de l’âge dans ses différents lieux de vie, y compris l’école primaire, j’ai pris connaissance des conditions dans lesquelles les évaluations scolaires concernant les élèves de CM2 avaient été réalisées au milieu de l’année scolaire dans votre département ... et ailleurs. Pour un scientifique (on peut élargir à l’ensemble de la communauté scientifique sans risquer de se tromper), il est clair que les résultats des évaluations n’auront ni crédibilité ni valeur. Ils ne pourront donc conduire à des conclusions fiables pour la Vendée, plus généralement pour la France. On peut ainsi présenter les principaux biais qui entachent les résultats : -1. Epoque de passation arbitraire. Une évaluation-bilan ne peut avoir de signification et de sens que si elle permet de comparer chaque enfant à lui-même et aux pairs de la même classe au début et à la fin de l’année scolaire. On peut penser respectivement à octobre alors que les enfants-élèves sont bien “installés” dans leur classe depuis environ un mois, et au début du mois de juin, avant qu’ils ne soient démobilisés scolairement à l’approche des vacances d’été. On pourrait alors mieux cerner les progressions, les “régressions”, les “stagnations”, les fluctuations ... des “performances” des différents enfants dans telle ou telle “matière” en fonction de l’âge, du développement individuel, des acquisitions successives, des événements survenus entre les première et deuxième passation (changement de maître, changement de méthode pédagogique, problèmes familiaux, maladie ...). Or, en 2009, les passations ont été organisées au milieu de l’année scolaire, sans aucune justification sérieuse. Le choix de ce moment ne repose sur aucune hypothèse crédible. Il est parfaitement arbitraire. -2. A n’importe quelle heure. Une évaluation-bilan ne peut conduire aux mêmes résultats selon que les passations sont organisées à tel ou tel moment de la journée. La recherche scientifique a en effet largement démontré que, dans toutes les classes d’âges explorées, le niveau de vigilance, les capacités d’attention et les capacités de traitement de l‘information ne sont pas les mêmes à 09h.00, 11h.00, 14h.00 et 16h.00. Or, les “observateurs” savent que les passations, notamment dans votre département, ont été organisées à n’importe quelle heure. Globaliser les résultats des différentes écoles sans tenir compte de l’heure de passation, est une supercherie. -3. D’une année à l’autre. Puisqu’il s’agit de procéder à de nouvelles évaluations nationales, comment pourrait-on comparer l’année 2008-2009 à l’année 2007-2008, alors que les conditions et consignes de passation ne sont pas les mêmes, et conclure à une amélioration ou une dégradation des résultats scolaires d’une année à l’autre... à moins qu’il n’y ait une manipulation des résultats ? Il en est de même pour la comparaison éventuelle entre l’année 2008-2009 et l’année 2009-2010. -4. Conditions des passations : tout cela n’est pas sérieux. On me rapporte que les conditions des passations (consignes, durée, mutisme du maître ou explications complémentaires, corrections non autorisées des fautes ...) ont été très variables d’une classe ou d’une école à l’autre au point que personne ne peut les définir avec un minimum de rigueur, notamment dans le cadre éventuel d’un document officiel du Ministère de l’Education Nationale qui vaudrait pour tout le territoire national. En outre, comment pourrait-on comparer les passations complètes aux passations partielles ? Tout cela n’est pas sérieux. C’est la crédibilité des évaluations organisées par la France au sein de l’école qui se trouve engagée, en particulier aux yeux des organismes européens qui s’efforcent d’objectiver les résultats des écoliers à l’école élémentaire. -5. Relevé des résultats : falsifications ? Enfin, on me rapporte que des résultats ont été falsifiés ou “inventés”, parfois à la demande des Inspecteurs de circonscription, parfois par les Inspecteurs eux-mêmes ... pour satisfaire la hiérarchie, en l’occurrence vous-même. Je ne peux croire que cela soit vrai. Il serait essentiel de vérifier cette question. Conclusion. [...] Tout concourt à la conclusion que les évaluations-bilans sont des faux qui ne veulent “rien dire”, à moins qu’ils ne cachent des arrière-pensées politiques. C’est indigne de prendre les élèves en otage et de tromper leur famille. C’est indigne de dénaturer les missions des enseignants. L’Education Nationale se déshonore en organisant une mascarade, ou en la couvrant, et en sanctionnant les professeurs des écoles qui n’ont pas voulu se prêter à un jeu indigne, à la fois parce qu’ils ont leur conscience de professionnel et d’humaniste pour eux et parce qu’ils n’ont pas besoin d’une évaluation formelle pour connaître les acquisitions ou déficits cognitifs de chaque enfant, ses capacité de mobilisation des ressources intellectuelles et les insuffisances ou freins qui l’empêchent de comprendre et d’apprendre. Engagé depuis plus de trente-cinq ans dans des recherches sur les enfants de tous âges et sur les conditions qui peuvent permettre à chacun de se réaliser comme élève, tout en identifiant les facteurs qui freinent ou empêchent les apprentissages, et à ce titre témoin du haut niveau des compétences et des qualités humaines des Professeurs des écoles, je pense qu’il est légitime de vous demander de lever les lourdes sanctions que vous leur avez infligées. Vous en seriez honoré. Sinon, l’école perdra un peu plus de son âme, de sa crédibilité et de son humanité. Il est temps de refonder l’école pour qu’elle ne “marche plus sur la tête”. Je vous prie d’agréer, Monsieur l’Inspecteur, l’expression de ma très haute considération. Hubert MONTAGNER, Professeur des Universités en retraite ancien directeur de recherche à l’INSERM ancien directeur de l’unité “Enfance Inadaptée” de l’INSERM 21 Clos du Guillan 33670 SADIRAC h.montagner@wanadoo.fr 88888888888888888888888888888888888888888888888888888888888

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